dimanche 3 février 2008

Marin d'eau douce


Paysage assailli par les tempêtes
La colére dans ses eaux se reflète.

Le turquoise se mêle au noir
Camouflant des monstres effrayants
Héros de vieux grimoires
Depuis la nuit des temps.
Terres arrosées par les pluies
Le ciel pleure ses marins
A qui on ôté la vie
De trop nombreux matins.

Attaquée chaque jour par une mer de flammes
Cette Terre sacrée est la Bretagne.

Mille milliards de mille sabords
Mais pourquoi tant de haine ?
L'écume au bord des lèvres
Les vagues balayent le sable
Poussière de rêves
Pour un périple sans escale.

Mon bateau taille dans la plume
Posé sur un lit d'écume.

Le mystère des abysses
Passionne les vagabonds des mers
Et même si tous périssent
L'océan n'est pas amer.
L'alizé siffle dans mes oreilles
Un chant glaceur de sang
Mélodie du pays des merveilles
Et des mille océans.

Le mousse astique ses bottes
Pendant qu'au bar tournent les bocks.

Mille milliards de mille sabords
Mais pourquoi tant de haine ?
Les éléments se déchaînent
Dans une danse psychédélique sans loi
Où ils enchaînent
Leurs figures avec émoi.

Les marins sont des héros oubliés
Qui risquent leur vie pour la gagner.
Vêtu d'un ciré et de bruyantes bottes
Chaque jour à la mort il se frotte.
Un mégot semble scotché
Au coin de sa lèvre désséchée.
Son visage et ses mains sont ridées, vieillies
Par les heures, les jours, une vie
Passée sur l'eau
A bord d'un vieux rafiot.

Mille milliards de mille sabords
Mille milliards de mille sabords
Appelé par le chant des sirénes
Il se laisse aspiré dans les entrailles de sa Reine.

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