lundi 23 juin 2008

Hello Pital


"L'hôpital, plus on s'en éloigne, mieux on se porte"
J'aime ces GIGANTESQUES immeubles blanc crème, sorte d'usines vivantes encerclées de sirènes, prison sans barreaux en papier mâché, forteresse de souffrance, de malheur mais aussi de sourires, de larmes (de joie)... C'est une chance sur deux en fonction de votre chambre.
"La 7 Ok, La 13 Out".
J'aime ce rendez-vous entre la Mort, la Vie, l'Espoir et la Peur, ( faut mettre une majuscule, ça fait plus sérieux ) on a l'impression qu'ils se sont passés le message pour se retrouver au bistro "L'Hosto", en terrasse, autour d'une perfusion bien fraîche. Aucun ne manque à l'appel, ils vivent en osmose parfumant l'air de leurs odeurs opaques et étouffantes ainsi que leurs éclats de rires qui vous frôlent, vous carressent, vous pénétrent jusqu'à la moelle et, font toussoter et se moucher les "non malades" et les blouses blanches.
L'atmosphére est glaciale, stérilisée.
Le silence hante ces lieux, mais parfois, par manque de vigilance, il laisse échapper un cri ou un grincement de porte mal huilée.
Les larmes et les sourires sont des compagnons bien vivants dans cette chambre où la peinture s'écaille et l'ampoule grésille.
Ma montre s'est arrêtée,
L'hôpital est une camp retranché contre le temps et la mort. Elle mène une guerre invisible chaque jour pour repousser la mort de ses enfants le plus loin possible, quitte à finir en légume moisi de 150ans dans un lit, attaché, tremblant comme une feuille, retournant à l'âge du nourisson, avec sa tétine, son bavoire, ses couches...
L'enveloppe humaine décrépit et l'intérieur moisi comme un fruit.
Même des litres de parfum ne peuvent cacher cette odeur de moisissure qui habite les petits vieux et leur tanière.
Je respecte les anciens mais je ne comprends pas pourquoi on s'accroche tant à la vie quand celle-ci vous fait souffrir.
(Je pense en fait qu'ils se rendent compte du prix d'une vie et ils ne veulent la lâcher pour rien au monde, regrettant même de ne pas avoir assez profiter de leur jeunesse.)
On veut rentabiliser tous nos sacrifices.
Quand l'heure arrive, il faut se laisser aller.
( "Mais pourquoi tu continues à t'accrocher vieux crouton ?")
( "Vivement une autre canicule ! ")
J'espére ne pas être en retard le jour de ma mort.
De la compote en perfusion non merci
Chier dans ma couche non merci
Oublier le visage de mes enfants non merci
Ce n'est pas l'image que je voudrais laisser de moi à mes proches, moi, moi je veux choisir ma mort !
Ca se serait bien ça, pouvoir choisir ce dont on va mourir
On cocherait une case,
CANCER:
SIDA:
VIEILLESSE:
ACCIDENT:
CRISE CARDIAQUE:
SUICIDE:
J'aime penser que l'on a peur de l'Hôpital comme on a peur des trop nombreux policiers qui nous entourent dans la rue.
"CARDIOLOGIE/RADIOLOGIE/BLOC OPERATOIRE/URGENCES/MORGUE"
Ce sont les différents départements de ce petit pays, pays d'égalité, de solidarité, mais aussi pays guerrier, sanguinaire, meurtrier...
Et ouais mon Ga'
On ne peut pas tout avoir.

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