
J'ai peur du noir. La nuit venue, je ne trouve jamais le sommeil, le marchand de sable me snobe. Seul, malgré l'obscurité générale, ma vision de la vie, de ma vie est la plus claire. Mon corps est criblé de bleux et de courbatures, de plaies ouvertes, d'hémoragies internes qui me tiraillent, me brûlent. Mes membres souffrent du mal-être de mon âme. Ma tristesse matraque ma putain de carcasse en l'humiliant, lui faisant ingurgiter puis recracher des quantités astronomiques de liquides toxiques qui la rendent pathétique et malade.
J'aime faire mal à mon corps, le sentir souffrir me remplit de bonheur. Ses larmes de sang après une profonde entaille me font jouir. Je domine cet être sous-développé, le maltraite jusqu'à l'échine, le griffe jusqu'à l'os, le piétine, le cabosse. L'enveloppe humaine s'effrite un peu plus chaque jour dégageant un parfum de pourriture qui rassasie ma soif de haine envers lui.
Méfiez-vous des personnes propres sur elles-mêmes, elles rêvent de pouvoir et de destruction, par contre, vous pouvez vous approcher des vieillards crasseux, des mendiants, des malades, ils s'étranglent eux-mêmes pour réparer nos erreurs. Inoffenssifs, détruits, s'acharnant sur leur propre corps, ils portent la misère du monde sur leurs frêles épaules.
Il y a deux types de personnes, ceux qui donnent les coups et ceux qui les encaissent en silence, sans broncher.
Malheureusement, il y a beaucoup trop de puncheurs...

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